Quand tout s’écroule

Comment survivre lorsque tout ce que l’on a toujours connu cesse d’exister? Comment garder les idées claires lorsqu’on perd, de façon toujours imprévisible, un être cher, un emploi ou la santé?

Beaucoup d’événements dans le monde, que nous ne rappellerons pas, laissent place aujourd’hui chez moi à ce questionnement de l’âme: Que faire maintenant, que tout dans ma vie s’est écroulé?

Marquise
Illustration: Tous droits réservés @ Victoria Francés

Quelle est la place du deuil dans une société ou la presse fait les choux-gras de la perte indéfinissable que l’on vit? Comment se sortir d’une relation toxique avec laquelle nous étouffons mais sans laquelle nous ne savons plus comment respirer ? Dans un monde du numérique et des apparences, la perte d’un être cher se découvre sur les réseaux sociaux, et les termes sont mis aux relations via sms… Comment aller de l’avant et rester confiant en l’avenir, et surtout, en l’Humanité, dans un monde ou les valeurs morales de base, la bienséance et l’empathie semblent clairement mises à mal.

Lâcher prise

Le deuil fait traverser plusieurs étapes qui sont toutes plus désagréables les unes que les autres, et repose sur deux facteurs essentiels: le temps et l’accroche.

Du temps vient l’acceptation, de l’accroche, vient la volonté de s’en sortir et de dépasser les limites que l’on se fixerait pour voir au delà de la perte, et donc de réduire le temps imparti à notre acceptation de la disparition. Souvent, l’accroche est plus évidente lorsqu’on  possède une structure de vie stable: des enfants ou des animaux que l’on doit continuer à faire vivre malgré tout, une carrière à mener de front ou des vies à sauver. En cas contraire, l’accroche en un projet qui nous définit est crucial; quel est mon projet maintenant, pour moi, pour ma vie ?

La perte a tendance à nous faire sortir de nous-même, nous faire oublier que ce n’est pas nous qui nous sommes écroulés, mais bien un élément qui est extérieur à notre âme et à notre corps, même si il est complètement interne à nos pensées et à notre « coeur ». Ce n’est pas NOUS que nous avons perdu, ni une partie de nous.C’est un ordre établi qui se déconstruit et cela blesse assurément, mais le NOUS est intact, et ne demande qu’à se relever, plus fort, de l’épreuve.

Prévoir l’imprévu

Garder en tête que  la vie est faîte d’imprévisibilité, rend certes paranoïaque, mais prépare aussi l’esprit à toute éventualité. L’élément le plus difficile lorsqu’on vit une perte est dans 99% des cas que j’ai pu observé, lié au caractère totalement imprévisible de celle-ci. Le 1% restant est attribuable à l’impuissance totale face à cette perte. Autrefois, la mort faisait partie intégrante et normale de la vie; chacun vivait dans son cercle proche une perte en couche, une disparition accidentelle ou maladive. On photographiait ou célébrait les disparus selon les cultures en rendant à leur mort l’honneur de l’importance qu’elle symbolise dans l’histoire de l’Humanité: laisser ses actes et son souvenir en héritage, pour céder sa place au suivant. Mais avec l’avancé de la sciences et de l’individualisme, la disparition humaine est devenu tabou. Ceci s’étendant alors à toutes les formes de pertes.

Dans l’insouciance, nous n’avons pas pris le temps de dire à l’être disparu à quel point nous l’aimions, nous n’avions pas préparé notre esprit à l’éventualité désagréable d’une vie sans lui. Certain de nos choix de carrière, nous n’avons pas élaboré de plan de secours si notre poste venait à être coupé, notre entreprise restructurée. Face à ce sentiment inné de toute-puissance (regardez les enfants, ou les adolescents, face au danger) nous n’avons pas épargné le moins du monde pour le jour ou peut-être nous aurions besoin de payer une opération pour un de nos proches parents ou nous-même.  Mais que ferais-je si un jour je perdais une jambe ? Si je me retrouvais à la rue ? Ou seule avec des chats ? Rien n’est impossible, se questionner sur les possibilités de la vie ne les rends pas plus réalisables, mais vous donne très certainement la force d’être plus fortement équipé psychologiquement advenant que les choses ne tournent pas de la façon escomptée dans vos projets de vie.

Miser sur la nature

Le chant des oiseaux, un ciel bleu, une naissance ou le parfum des fleurs. Prendre conscience de la nature qui vous entoure et qui fait de vous un être VIVANT est un allié précieux dans votre quête du « vivre avec ». Voici donc d’où vient la grande popularité du Yoga et autres médecines douces. Ne cherchez pas à oublier, autant la perte que vous vivez, que vous-même. Vous n’oublierez jamais, ce qui fera désormais défaut à votre vie, mais vous pouvez très facilement vous oublier vous-même. Appréciez les aliments que la nature (ou l’industrie, et puis là vous avez le droit de ne pas avoir le goût de mieux !) met sur votre route. Sentez le chemin que l’eau parcoure le long de votre corps encore meurtri par le choc. Utilisez toutes les aides que la vie met sur votre passage; l’art, les amis, les proches, la naturopathie même, et puis mince si vous en avez besoin, vos petites addictions, tant qu’elle ne vous mettent pas en danger (pour moi, ce sont les chaussures, moins calorique que la crème glacée, mais bien plus coûteux…) ! Les tisanes ou les solutions d’urgences (rescue) (fleurs de Bach pour l’harmonie et contre le stress -merci Sandrine), le repos et les musiques douces (mais pas déprimantes!) ou joyeuses sont vos alliés. Forcez-vous à sourire, à chaque fois que vous faîtes ainsi, votre cerveau reçoit comme signal que vous êtes heureux, cela ne peut qu’aider !

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Une chose ne s’achève que pour mieux laisser sa place à une autre. Nous sommes bien nombreux sur Terre, la mort fait partie de chaque vie, et personne ne nous dit qu’elle en est réellement la fin; libre à nous de nous faire croire ce qui nous chante. Si tant est qu’aussi longtemps que le souvenir d’un proche, d’un projet, d’un voyage, ou d’une relation vit encore dans vos pensées, alors en fin de compte, rien n’est perdu. A vous de transformer votre perte en idéal, atteint ou à atteindre, et rien d’autres. Quand tout s’écroule, les regrets n’ont pas leur place, on s’arme de patience, de courage, d’indulgence envers nous-même, de notre seau et de notre râteau, et on reconstruit le château de sable plus fort, et plus grand encore.

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Illustration: Tous droits réservés @ Pretty Poun
Amour & Paix à tous ceux qui vivent un temps d’incompréhension et de rejet de leur propre vie. N’oubliez jamais que la roue tourne. ❤
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2 réflexions sur “Quand tout s’écroule

  1. Quel bel article malgré toute la tristesse dont il fait état. La vie est belle, elle l’est et le restera lorsque la plaie sera cicatrisée. Certes, il reste toujours une cicatrice, mais elle rappelle la douleur seulement, sans la réveiller, elle reste un souvenir, vague. Je t’embrasse fort ma belle et te souhaite. …plein de nouvelles paires de chaussures alors.

    Aimé par 2 people

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